« La croisière s’amuse », non elle est plutôt en flammes!

Le lundi matin nous nous étions réveillés  totalement seuls sur le spot de tortues marines.
Nous sommes près d’une île déserte juste bordée de mangroves le long des rivages.
Des corbeaux viennent nous saluer en s’accrochant aux haubans du mât.
Après le déjeuner les nageurs sont invités à se mettre à l’eau pour dėvorer des yeux les paysages sous-marins et leur faune luxuriante.

Françoise emploie la petite caméra étanche.




Puis en fin de matinée, nous recevons un copieux lunch… pendant que les marins n’arrivent une fois encore plus à remettre le moteur principal en route.
Aargh nous n’avons plus de bières Bintang et les marins n’arrivent pas à redémarrer le magnifique moteur Mitusbishi, pourtant pas très vieux!



Mais un beau moteur avec des mauvaises connexions ne dėmarrera jamais facilement 😡. 

On verra par la suite, les conséquences dramatiques très probablement dues à ces problème électriques.
Le démarreur ne tourne pas assez vite et le groupe auxiliaire qui tourne pourtant depuis longtemps ne semble pas pouvoir recharger les batteries.
Ils essaient à intervalles réguliers de démarrer, sans succès.

Pfff pas d’instruments de mesure, ce serait difficile de les aider….
Les marins font tourner le volant moteur à la main pour bien lubrifier les cylindres. 
C’est la bonne technique quand le démarreur ne tourne pas bien.

Aaaaaaah, voilà à 12h11 que, presque par hasard, il a démarré car les batteries ne semblent toujours pas s’être rechargées! 
Youpeee, nous pourrons, croyons-nous,  retourner vite sur la terre ferme pour prendre un bonne douche, car l’air marin nous rend tous collants.

Retour vers Labuan Bajo où Françoise nous a trouvé une autre hotel en ville pour ne plus avoir à grimper tous les escaliers.

Mais les choses ne se passent pas souvent comme on pense en Indonésie!
J’avais coutume de dire quand nous y habitions: « Ce qui ne devrait pas se passer, se passe et ce qui devrait se passer, ne se passe pas comme on croit. »

Soudain en cours de retour vers Labuang Bajo, c’est le chaos.
Nous entendons des cris de marins qui gesticulent. 
Il y a le feu à l’arrière du côté de la cuisine.
Le capitaine arrête le navire, heureusement sans couper le moteur! Il ne sait rien évaluer, car sa cabine de pilotage est au milieu du bateau
Un marin de l’équipage crie quelque chose au sujet de l’air conditionné et coupe les fusibles ou interrupteurs aux cabines.

Rapidement, une épaisse fumée noire se dégage à l’arrière, puis au fond de la coursive, nous voyons des flammes à travers une cloison de bois.
Un marin qui avait sauté à l’eau grimpe agilement sur le bateau par le coté, et passe en courant, trempé, à côté d’Yves.
Il avait sans doute été récupérer le youyou attaché â l’arrière du bateau en plongeant à l’eau.
Le feu prend de l’ampleur et quand on l’entend crépiter nous savons que l’affaire est perdue.

Un marin hurle au capitaine de redémarrer dans le vent pour que le feu et la fumée soient repoussés vers l’arrière. 
Bonne réaction car le navire tourne tout seul, les fumées reviennent vers nous, à l’avant du bateau.

Yves va vite dans la chambre chercher les bagages  pour les amener sur le pont avant. Nous étions prêts pour la fin de la croisière.
Françoise voit un marin qui, pathétiquement, a en main une sorte de petite écuelle utilisée pour verser de l’eau dans le w-c.

Pierre-Yves est remonté sur le pont supérieur pour aller vers l’arrière dans  la seconde cabine qu’ils occupent pour récupérer des bagages.
Il inspire l’épaisse fumée noire et âcre et ne parvient qu’à récupérer un minimun, la valise ouverte répandant son contenu sur le sol.
Des chaussures et vêtement seront la proie des flammes.
Le feu crépite juste en dessous de lui.




Yves voit un marin qui a pris la grande manne d’eau du w-c pour tenter plus vaillamment de lutter contre le feu.
Quand il remonte la manne, le fond s’était brisé tant le plastic était vieux. Le marin reste avec le morceau de manne en main sans se rendre compte de son inutilité.
On mettrait cette scène dans un fil humoristique.
Quand Yves quitte le bateau, il verra le marin tenant toujours cette manne brisée en mains. 
Seuls, ils ne peuvent plus rien faire, car l’unique extincteur vidé, ils n’ont plus de moyens de lutte contre le feu.
Incroyable,  ils n’ont pas de pompe autonome ou branchable sur le générateur auxiliaire.

Une barque s’approche de nous et le gars dedans crie: «  Give me the baby, give me the baby! »
Françoise  lui passe Thomas par dessus le bastinguage et nous voyons une image dramatique.
Le gars debout dans la barque motorisée s’éloigne en tenant Thomas qui pleure dans ses bras et en nous regardant.
Niamh suivra dans une autre embarcation et rejoindra son petit bout dans l’hôel sur l’île de Sebayur à proximité.

Un autre bateau rapide arrive et accoste.
Tous les bagages regroupés à l’arrière sont jetés par dessus bord dans le bateau et les marins nous aident à y grimper.
La vedette rapide nous débarque sur un ponton qui mène à un magnifique abri recouvert de chaume sous lequel les propriétaires du Komodo resort sont occupés à travailler.

Niamh et Yves sont arrivés à prendre quelques photos et films de l’incendie qui ravage tout l’arrière.





Nous n’étions Dieu merci pas loin d’une île sur laquelle se trouvent des lodges de luxe. (ile de Sebayur)
Ce serait arrivé le matin, seul sur notre spot, cela aurait été la catastrophe.

Stupéfiant, un bateau croise le nôtre en feu et ne s’arrête pas. 
Le conducteur ne semble même pas tourner la tête.






Une fois en sécurité, nous apprendrons en discutant avec les propriétaires qu’ils ont vu l’épaisse fumée se dégager de notre bateau.
Ils ont aussi entendu les appels à l’aide criés par l’équipage.
Ils ont immédiatement envoyé leur vedette rapide à notre secours.
Dès après, ils ont demandé à leur équipe de deux pompiers de prendre leur matériel dans un zodiac et de se transporter vers le bateau pour éteindre l’incendie.
Quels gens organisés et plein de sang-froid!

En fait les lodges changeaient de propriétaire, l’ancien, italien, passant le relais au nouveau, roumain.
Ils nous ont accueillis avec gentillesse, nous offrant thé, café et eau et essayant de s’occuper de Thomas.
Puis, deux de leurs clients devant rentrer à Labuang Bajo, ils nous offrent de nous reconduire avec armes et bagages dans leur vedette rapide.

Nous repassons devant le bateau et Françoise reprend des photos après que l’incendie ait été criconscrit.





Notre cabine était derrière le marin en rouge.




En allant faire nettoyer les vêtements,  nous retrouvons des vêtements de Niamh percés de trous. 
Toute la nourriture extra de Thomas a éré détruite. Le pauvre est maintenant au lait et la panade de banane.
Des chaussures de Pierre-Yves et Niamh ont aussi été perdues, mais pour le reste nous nous en tirons très bien.

Nous devions encore aller à Kanawa, dernier point de notre croisière écourtée par l’incendie de notre bateau.
Il y a peu de chances que nous allions jamais😡.

./..

Commentaires

  1. 🫢 quelle catastrophe ! Incroyable ! !! Dangereux les visites en bateau,…une fois mais pas deux 🤔
    Heureusement tout finit bien 😌
    Plus de surprise j’espère 🙏
    À bientôt 🥰

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    1. Si, un p’tit tremblement de terre à 4.5 cette nuit😳. Je ne me suis pas réveillé, mais Niamh s’est dite que va t’il encore nous arriver?

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  2. Que d'émotions, dont on se passerait bien; surtout loin de chez soi. Mais les bons souvenirs effaceront cet épisode exceptionnel... Prenez votre temps pour rentrer!

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    1. Niamh trouve que ca suffit comme émotions et le p’tit Thomas a besoin d’un peu de calme. Ils vont donc repasser sur Bali dès demain vendredi et nous les rejoindrons plus tard en terminant le tour ici avec le chauffeur engagé pour nous conduire.

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